Réseaux optiques dans le Tertiaire, une alternative stratégique face à la hausse du cuivre
Livre blanc Réseaux optiques dans le tertiaire
Livre blanc Réseaux optiques dans le tertiaire, une alternative stratégique face à la hausse du cuivre.
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Le cuivre, de l'inflation à la pénurie
Sources et références
1. Projet Afrique Chine, "L'influence croissante de la Chine sur le cuivre", Mai 2025
2. Bloomberg – Copper faces troubled future as renewable energy demand surges
3. CNBC – Copper is key to electric vehicles, wind and solar power
4. Wall Street Journal – Copper shortage threatens the green transition
5. Importations chinoises de concentré de cuivre – données 2025
6. MSS International – Copper in data centres
7. Goldman Sachs – Copper price outlook and forecasts
8. Mining.com – Bank of America projects copper price surge
9. Investing.com – Updated copper price targets by Bank of America
10. Metal.com – AI data centres as a driver of copper demand
11. Fabnum – Le cuivre dans les data centres
Fortement sollicité et de plus en plus coûteux, le cuivre voit sa demande exploser sous l'effet conjugué de l'électrification des usages, des énergies renouvelables et de a numérisation des bâtiments. Dans le secteur tertiaire, une question s'impose :
Comment continuer à bâtir des immeubles performants, durables et connectés sans subir la volatilité d'un métal de venu critique ?
Ce wiki explore des leviers technologiques concrets capables de réduire la dépendance au cuivre. Une transition non seulement possible, mais désormais stratégique.
Un choc systémique aux sources de l'inflation
Depuis 2 décennies la consommation augmente sous la pressions de l'électrification des véhicules et du déploiement des énergies renouvelables, dans un contexte où les réserves de cuivre se raréfient (1). Cette demande s'est encore renforcée ces trois dernières années en raison des besoins de l'économie de guerre et du développement de l'Intelligence Artificielle. Mais l'augmentation rapide des tonnages de cuivre consommés par ces marché est incompatible avec le temps long nécessaire pour ouvrir de nouvelle mine ou de nouvelle filière de recyclage. Associé aux tensions géopolitiques, cet écart grandissant entre l'offre et la demande fait flamber les cours.
Une demande très soutenue
L'inflation du cuivre est liée à une augmentation structurelle, la spéculation jouant un rôle marginal. Cette demande est d'abord tirée au niveau mondial par la construction des infrastructures, une tendance qui se renforcera avec les besoins de l'Inde et de l'Afrique dont le boom des infrastructures n'est à peine commencé.
D'ici 2030, cette demande va fortement s'accroître en raison de l'électrification de la mobilité et du développement des énergies renouvelables (2) (3). Ce mouvement général vers l'électrification représente une grand partie des programmes gouvernementaux visant à atteindre les objectifs du zéro émission net carbone (4). Selon Golman Sachs, ces nouveaux marchés qui représentent actuellement 4% des besoins en cuivre devrait peser 17% de la demande d'ici sept ans.
Activités fortement consommatrice du cuivre
Ces dernières années enfin, des activités fortement consommatrice de cuivre ont émergées avec une demande soutenue :
- L'intelligence Artificielle : l'explosion des datacenters pour l'IA générative a créé un nouveau besoin massif, pour les câbles de données et les câbles d'énergie, et surtout pour les nouveaux systèmes de refroidissement liquide, indispensables pour dissiper la chaleur des puces haute performance (5). Chaque nouveau Data Center utilise 7 tonnes de cuivre par mégawatt de puissance d'alimentation pour les câbles MT/BT et les busbars, multipliant par 5 l'usage d'un rapport à un data center traditionnel (11). A lui seul, le dernier hyperscales de Microsoft en a capté plus de 2000 tonnes (6) tandis que plusieurs projets aux Etats Unis ont été reporté de plusieurs mois en raison du manque de disponibilité de "l'or rouge". En France, il faudra en mobiliser plus de 20 000 tonnes pour la construction des projets Data Center programmés ces prochaines années. A l'échelle mondiale, la construction des infrastructures liées à l'IA devrait représenter 1.5% de a demande mondiale en 2026 d'après Morgan Stanley, soit 740 000 tonnes (10).
- Défense : la reconstitution des stocks de munition et la multiplication des investissements a créé une demande supplémentaire pour alimenter "l'économie de guerre".
Consommation mondiale
Au global, la consommation mondiale annuelle devrait donc passer 24 à plus de 30 millions de tonnes pour la décennie à venir que certains nomment déjà les "10 glorieuses de l'électrification. Il s'agit d'un alignement historique de la demande des pays aux économies émergentes et d'une demande accrue des pays industrialisés.

Une offre limitée
Ce cumul de la demande est en totale inadéquation avec une offre toujours plus limitée. Seules deux grandes mine de cuivre ont été mises en service ces cinq dernières années et très rare sont les mines dont la production augmente. La teneur en cuivre dans les minerais s'étant érodée en moins d'un siècle de 3% à moins de 1% au début du vingtième siècle. Si des veines de minerais inexploitées sont clairement identifiées, au Congo et en Zambie par exemple, le financement de leur exploitation nécessitera encore près de 10 ans de mise en oeuvre avant de participer à l'approvisionnement mondial.
Les ressources disponibles font l'objet de fort enjeux géostratégiques. La Chone, troisième producteur mondial (5), possède 8% des réserves mondiales de cuivre mais contrôle plus de 50% du raffinage mondial. En 2025, elle a importé un record de 30 millions de tonnes de concentrés pour alimenter ses fonderies et utilise cette position comme un levier, sécurisant ses approvisionnements via des accords de "minerai contre infrastructures" en Afrique et en Russie. Cette approche protectionniste conjuguée aux évolutions de droit de douane américain accentue la volatilité du cours.
Sans nouvelle capacité disponible pour les marchés occidentaux, avec baisse constante de la productivité des mines actuelles, la tension sur les prix est inéluctable pour la décennie à venir. es projections des analystes spécialisés sont toutes cohérentes en termes d'évolution des cours. La hausse est inéluctable. Il s'agit de comprendre à quel horizon de temps elle va se produire. Après la hausse en 2025 de 42% en Dollar, 30% en Euro, Golman Sachs table sur un cours à plus de 13.000 $ la tonne en 2026 (7), tandis que Bank of America envisage des pics jusqu'à 15.000 $.
En 2027-2029, un ralentissement pourrait survenir, lié pour partie à la substitution du cuivre par l'aluminium (8) (9). A noter enfin que la banque mondiale imagine un retour très hypothétique du cours à 8.000$ en 2030 dans sa base de données sur les matières premières (Commodity Markets Outlook).
Ces montants doivent ensuite être corrigé de la parité monétaire Euro vs Dollar ce qui a renchéri le cours de près de 15% en 2025.
Criticité
En France, la Délégation interministérielle aux approvisionnements en minerais et métaux stratégiques - DIAMMS - est en charge de piloter la stratégie sur les ressources. Cette délégation s'appuie notamment sur l'Observatoire français des ressources minérales - OFREMI. Créé en 2022, cet organisme a classé le cuivre parmi les métaux critiques et publié "Stratégie cuivre", un document qui identifie les risques de tension mondiale sur ce métal à l'horizon 2035 et propose un plan d'action pour la France.
Recyclage et substitution
L'économie circulaire du cuivre peut contribuer à infléchir les tensions sur les cours mais elle permet surtout de limiter le risque géopolitique en s'appuyant sur les mines urbaines.
Le cuivre est recyclable à l'infini, sans perte de propriété? Dans nombre de pays son recyclage passe par des filières parfois liées à l'économie informelle alors qu'en France, la nouvelle Responsabilité Elargie du Producteur étendue aux Produits et Matériaux de Construction du Bâtiment - REP PMCB - (12) accroît d'année en année le tonnage de cuivre disponible. L'Union Européenne, au travers du Critical Raw Materials Act - CRMA - s'est fixé comme objectif d'intégrer 25% de cuivre recyclé locales dans sa consommation globale. Mais l'installation de cette filière sera notablement insuffisante pour couvrir l'augmentation des usages car ce métal est déjà recyclé à plus de 80% au niveau mondial où son recyclage représente 18% des volumes annuellement consommés.
A l'avenir, de nouvelles technologies de recyclage du cuivre pourront cependant augmenter ces volumes. La fusion à haute température, efficace mais énergivore, sera remplacé par la chimie verte et l'hydrométallurgie pour traiter les déchets complexes (cartes électroniques, batteries, résidus miniers) mais les volumes escomptés sont insuffisants pour avoir un effet significatif sur l'offre.
Technologies de substitution
Quels sont les technologies de substitution susceptibles de limiter la dépendance du cuivre du secteur de la construction ?
Certains secteurs d'activité ont déjà largement opté pour des changements. C'est le cas de la plomberie qui a massivement adopté les tubes en PER au détriment des tubes en cuivre. A moyen terme, les fils à base de nanotubes de carbone ou de graphène remplaceront possiblement ce métal dans l'industrie spatiale où il représente jusqu'à un tiers di poids des satellites ou de l'aéronautique ainsi que dans l'industrie électronique. Plus surement, l'aluminium va devenir un conducteur de plus en plus économique pour certaines applications de transport d'énergie. Cependant, son adoption semble difficile, voire impossible à réaliser dans d'autres secteurs comme l'éolien où le bobinage en cuivre représente le meilleur compromis pour optimiser le rendement des éoliennes tout en les maintenant à un coût de fabrication acceptable.
Pour les data centers, certains acteurs promeuvent les câbles supraconducteurs afin de réduire l'espace et le refroidissement ainsi que des alliages optimisés. D'autres proposent une transition du cuivre vers l'optique. Ce second point est un sujet critique pour l'industrie de l'IA à court terme. Si la fibre optique remplace déjà le cuivre pour les longues distances, il s'agit désormais de remplacer les câbles entre racks et serveurs pour supporter les débits de 800 Gbps ou 1,6 Tbps, totalement incompatible avec les transmissions sur paires torsadées, tant en terme d'atténuation que de dissipation thermique. Les équipements Intel, Broadcom et NVIDIA annoncent qu'à l'horizon 20207-2029, m'optique devrait massivement aboutir "sur la puce". Cette évolution vers la photonique est la véritable rupture technologique, intégrant directement les composants photoniques sur les microprocesseurs (Central Processing Unit -CPU- et les Graphics Processing Uni-GPU. Cette approche plus coûteuse devrait être compensée par une consommation d'énergie liée aux communications réduite de 30%.
L'impact de ces substitutions est encore faible car il y a peu d'alternative pour la grande majorité des autres applications (véhicules, ENR...), à 'exception des réseaux de données où la fibre peut se substituer rapidement et à moindre coût aux câbles à paires torsadées.
L'impact pour le Tertiaire
Le surcoût pour le tertiaire de la pénurie de matières premières était de l'ordre de 5 à 7% en 2022 d'après la Fédération Française du Bâtiment (13), tiré par les produits contenant de l'acier et du cuivre dont la hausse était de l'ordre de 30 à 50%. La répercussion des 42% de hausse du cuivre en 2025 va représenter un surcoût supplémentaire de 1,8% à 2,5% sur un bâtiment alimenté notamment par une inflation de plus de 15% des lots courants faibles et courants forts.
Offres de substitution pour les réseaux informatiques et électriques
Certains importateurs proposent parfois des câbles de mauvaise facture n alu cuivré, généralement non conforme à la réglementation. Si cette option est à éviter, il existe en revanche plusieurs architectures optiques tel que le Fiber To The Outlet -FTTO- ou le Passive Optical LAN -POLAN- qui remplacent avantageusement le câblage structuré sur paires torsadées et de bénéficier des atouts de l'optique.
Ces systèmes de câblage apportent de nombreux bénéfices en termes d'évolutivité, de sécurité ou encore en terme de réduction de la surface des locaux techniques et permettent d'économiser de 20% du cuivre déployé dans le tertiaire au titre des réseaux de données.
Impacts en matière de coût de déploiement et d'exploitation
L'architecture Fiber To The Outlet -FTTO-, déployant des liaisons point à point depuis le coeur de réseau vers les points d'accès présente de nombreux avantages, elle reste cependant plus onéreuse en terme de coût d'installation - CAPEX- que le cuivre. Il en est de même pour les architectures avec point de consolidation type FTT-CP. En revanche, le coût de déploiement du Passive Optical LAN est inférieur de 30% à 40% d celui d'un câblage structuré en cuivre et permet une mise en oeuvre deux fois plus rapide.
Ces architectures optiques permettent part ailleurs aux installateurs de limiter les risques liés aux hausses rapides du cours du cuivre et les négociations fastidieuses des clauses de révision de prix.
En terme de coût d'exploitation -OPEX- les écarts sont aussi très significatifs. A titre de comparaison, sur 20 ans d'exploitation, le FTTO permet de réduire de 30% la consommation électrique. Le POLAN quant à lui présente une économie de 75 par rapport au système de câblage de paires torsadées ainsi qu'une économie de plus de 30% par rapport au WIFI et de plus de 50% par rapport à un réseau DAS 5G. Une étude approfondie au cas par cas est nécessaire pour obtenir l'économie en terme de Coût Total de Procession, mais le POLAN sort généralement gagnant de ce type de comparaison.
| Technologie | Puissance Moy./Poste | Conso. Annuelle (2000p) | Coût Elec. Estimé |
| Câblage Cat 6A (Filaire + Clim) | 12W | 210 MWh | 1 050 000 € |
| FTTO (Micro-switchs) | 8W | 140 MWh | 700 000 € |
| POLAN (ONT passifs) | 3W | 52MWh | 260 000 € |
| Wi-Fi 7 (150 Bornes) | 5W | 87 MWh | 435 000 € |
| 5G DAS Actif | 7W | 122 MWh | 610 000 € |
Conclusion
L'utilisation de la fibre en lieu et place des câbles à paires torsadées permet d'économiser jusqu'à 20% du tonnage total de cuivre utilisé pour les lots courant fort et courant faible et contribue ainsi à réduire la consommation de cette ressource minérale critique afin de la laisser disponible pour les infrastructures clés de la transition énergétique. A l'échelle nationale, c'est ainsi plus de 5 000 tonnes de cuivre dont la consommation pourrait être évitée annuellement.
Cette approche vertueuse du système de câblage permet par ailleurs des gains non négligeables en matière de cybersécurité, de pérennité et d'évolutivité. Enfin, en fonction de l'architecture optique déployée, des économies significatives sont à réaliser.
Mise à jours MARS 2026